PARTIE 2 — LE PLAN QUE FABIEN AVAIT PRÉPARÉ

**PARTIE 2 — LE PLAN QUE FABIEN AVAIT PRÉPARÉ**

Je suis restée assise sur le bord du lit, l’enveloppe entre les mains.

Pendant quelques secondes, j’ai refusé d’y croire.

Fabien pouvait être égoïste. Il pouvait être lâche. Il pouvait même me tromper.

Mais vouloir ma mort ?

C’était impossible.

Du moins, c’est ce que je voulais croire.

J’ai relu les documents encore une fois.

Les relevés bancaires montraient plusieurs transferts d’argent vers un compte que je ne connaissais pas. Le testament avait été modifié quelques semaines auparavant. Et la réservation chez le médecin du navire portait bien le nom de Fabien.

Mais pourquoi un médecin ?

Le lendemain matin, j’ai décidé de ne pas participer à la cérémonie prévue pour notre anniversaire de mariage.

J’ai fait semblant d’être fatiguée et je suis restée dans ma cabine.

Quelques minutes plus tard, j’ai vu Fabien entrer dans le couloir avec l’autre femme.

Ils parlaient à voix basse.

Je me suis approchée discrètement.

« Tout sera terminé après ce soir », disait Fabien.

Mon cœur s’est serré.

La femme lui a répondu :

« Tu es certain qu’elle ne découvrira rien ? »

« Sylvie me fait confiance depuis douze ans. Elle ne soupçonnera jamais son propre mari. »

Je sentis une colère immense monter en moi.

Mais je suis restée silencieuse.

Je voulais savoir jusqu’où ils étaient prêts à aller.

J’ai contacté discrètement le personnel du bateau et demandé à parler au médecin mentionné dans l’enveloppe.

Lorsqu’il m’a vue, son visage est devenu grave.

« Madame Sylvie… je pensais que vous ne viendriez jamais. »

Cette phrase m’a glacée.

« Vous saviez ce qui se préparait ? »

Il a soupiré.

« Je savais que votre mari allait essayer de vous faire signer certains documents médicaux. Mais je ne pensais pas qu’il irait aussi loin. »

Il m’a expliqué que Fabien était venu le voir quelques jours plus tôt.

Il voulait obtenir un certificat affirmant que mon état de santé était fragile afin de contrôler plus facilement mes biens après un prétendu accident.

Mais le médecin avait refusé.

C’est lui qui avait glissé l’enveloppe sous ma porte.

« Pourquoi m’aider ? »

Il m’a regardée tristement.

« Parce que votre mari a déjà détruit une autre vie avant la vôtre. »

Je suis restée silencieuse.

« Quelle vie ? »

Il a sorti un ancien dossier.

À l’intérieur se trouvait la photo d’une femme.

La même femme qui était avec Fabien sur le bateau.

« Elle n’est pas sa maîtresse. »

Je fronçai les sourcils.

« Alors qui est-elle ? »

Le médecin répondit doucement :

« C’est son ancienne épouse. Celle qu’il avait officiellement déclarée morte il y a huit ans. »

Je sentis le sol disparaître sous mes pieds.

Fabien avait déjà fait ça avant.

Mais cette fois, il avait choisi la mauvaise personne.

Moi.

Le soir même, j’ai rejoint Fabien pour la cérémonie.

Il souriait comme si rien ne s’était passé..

Il m’a tendu une coupe de champagne.

« À nos douze années ensemble. »

J’ai pris le verre.

J’ai souri.

Puis je l’ai posé sur la table.

« Avant de boire, j’aimerais que tu répondes à une question. »

Son sourire a légèrement disparu.

« Laquelle ? »

J’ai sorti les documents de l’enveloppe.

« Combien de femmes ont cru en toi avant de découvrir qui tu étais réellement ? »

Le visage de Fabien s’est figé.

Autour de nous, plusieurs invités se sont retournés.

Il a compris que son plan venait de s’effondrer.

Mais avant qu’il puisse répondre, l’autre femme s’est avancée.

Elle avait les larmes aux yeux.

« Sylvie… il y a encore quelque chose que tu dois savoir. »

Elle a posé un dossier sur la table.

À l’intérieur se trouvait un document signé par Fabien.

La date était celle de notre mariage.

Et la dernière ligne disait :

**”Après son décès, tous les biens reviendront au bénéficiaire désigné.”**

Je regardai le nom inscrit en bas.

Ce n’était pas celui de Fabien.

Ce n’était pas celui de sa maîtresse.

C’était le nom d’une personne que je connaissais depuis toujours.